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On a qualifié 1999 l'année de la tempête du siècle parce que, de mémoire d'homme, on n'en avait connu d'aussi violente. Pourtant nous étions prêts. En cette fin décembre 1999, tout avait été passé en revue. Les cellules de crise étaient en place pour faire face aux scénarios les plus noirs. Chacun savait ce qu'il aurait à entreprendre si la catastrophe survenait. Et la catastrophe est finalement arrivée, sauf qu'elle ne correspondait pas au scénario attendu. On attendait le bug informatique de l'an 2000, on eut Lothar et Martin, les deux tempêtes du 26 et 27 décembre 1999 qui laissèrent une conséquente ardoise de 15 milliards d'euros de dégâts. Du nord au sud de la France, des paysages de désolation. Deux millions d'hectares de forêts balayés par des vents à plus de 140 km/h. Les systèmes informatiques ont, eux, abordé allègrement l'an 2000. En Alsace, les arbres fruitiers ont payé eux aussi un lourd tribu. Contrairement à la forêt où progressivement la régénération naturelle a fait son œuvre (sans oublier l'énorme investissement des forestiers), la restauration du verger traditionnel alsacien a nécessité un fort investissement des arboriculteurs. Il est vrai que l'aide à la replantation mise en place par les Départements et la Région a apporté une contribution significative au processus de réhabilitation de nos vergers. En dix ans d'effort, la situation a donc été partiellement rétablie. Toutefois, il est faux de croire que le verger alsacien a retrouvé sa richesse et sa diversité d'avant la tempête de 1999. En particulier, les arbres fruitiers à grand développement sont devenus beaucoup plus rares dans le paysage alsacien. Et autre conséquence qu'il convient aussi de réparer, c'est la disparition d'un bon nombre de nos anciennes variétés de pommes. Étienne BINNERT |